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PROGRAMME DE LA JOURNEE D'ETUDE : EXIL ET TRADUCTION

« Racheter dans sa propre langue ce pur langage exilé dans la langue étrangère »  Walter Benjamin

 

 

Salle Bourjac

17 rue de la Sorbonne – Paris Vè

Lundi 7 mars 2016

 

9h 45                                      ACCUEIL

 

 

10h – 10h 45                          Naomi Nicolas-Kaufman (Paris 3)

                                               Traduire la langue de personne : les promesses du langage.

                                               Abraham Sutzkever en Israël traduit en France et aux Etats-Unis.

 

 

10h 45 – 11h 30                     Batia Baum (traductrice)

                                               Traduire la langue d’exil,

                                               langue en elle-même « traduction ».

 

 

11h30 -11h 45                                   PAUSE

 

 

11h 45 – 12h 30                     Ariane Bendavid (Paris IV)

                                               Lire en traduction :

                                               « embrasser sa mère à travers un foulard ».

 

 

12h 30 – 14h 15                     PAUSE-DÉJEUNER

 

 

14h 15 – 15h                          Bee Formentelli (écrivaine et traductrice)

                                               Traduire "Trente Pages d'Avot Yeshurun" :

                                               le défi d'une double étrangeté.

 

 

15h – 15h 45                          Francine Kaufmann (Université de Bar Ilan)

                                               L'itinéraire d'André Chouraqui :

                                               vers une réappropriation de l'hébreu biblique

                                               et une réorientation du français de traduction.

 

 

15h 45 – 16h                          PAUSE           

 

 

16h – 16h 45                          Malgorzata Smorag-Goldberg (Paris IV)

                                               Langue perdue, langue retrouvée

                                               ou l’exil argentin de Witold Gombrowicz :

                                               « Trans-Atlantique et son retour à l’écriture ».

 

 

16h 45 – 17h 30                     Luba Jurgenson (Paris IV)

                                               Témoignage et multilinguisme: "l'autre langue"

                                               dans Le Sang du ciel  de Piotr Rawicz.

Dans le cadre de l’axe thématique intitulé « Exils, minorités, marginalités » et initié par le professeur Françoise Saquer-Sabin (Lille 3), nous proposons une journée d’étude à Paris 3 autour du thème « Exil et traduction ».

On pourra s’interroger, entre autres, sur la notion d’exil entre langue source et langue cible à partir de la formulation de Walter Benjamin : « racheter dans sa propre langue    ce pur langage exilé dans la langue étrangère, libérer le transposant le pur langage captif dans l’œuvre, telle est la tâche du traducteur[1]. » Les liens entre les diverses langues des auteurs et des traducteurs – passage de la langue maternelle à la langue d’exil en traduction, la langue exilée en traduction,  – feront également l’objet de discussions.

 

* * *

 

BATIA BAUM (traductrice du yiddish en français) : « Vayisrotsetsou » et ses fils s’entrechoquaient à l’intérieur d’elle, et elle a dit : « Si c’est ainsi, à quoi suis-je destinée ? » À l’instar de Rebecca, que se passe-t-il et que faire avec une langue « maternelle » où s’entrechoquent en un jeu perpétuel le soi et l’autre, la « langue de nos pères » et la langue des peuples parmi lesquels on vit ?

 

ARIANE BENDAVID  (Paris IV) : Le juif qui ne connaît le judaïsme qu’à travers des traductions « est comme un fils qui embrasserait sa mère à travers un foulard » : cette image du poète Haïm Nahman Bialik, chantre de la renaissance de la littérature hébraïque, pose à la fois le problème de la traduction et celui du choix d’écrire dans une langue dont les locuteurs ne sont encore qu’une infime minorité. Nous aborderons donc cette double thématique. Nous terminerons en évoquant les écueils de la traduction française de l’œuvre de Bialik.

BEE FORMENTELLI (traductrice et écrivaine) : Après avoir évoqué le traitement qu'Avot Yeshurun inflige à la langue sacrée en l'"estrangeant", puis rappelé que ce poète prolonge et accomplit à sa manière une tradition culturelle et spirituelle soucieuse avant tout de l'Autre, il s'agira de montrer les difficultés à quoi l'on se heurte en accueillant, seconde étrangeté, un tel poète dans l'exil d'une langue, le français, poétiquement hantée par une métaphysique du signe.

 

FRANCINE KAUFMANN : (Université de Bar Ilan) : Né en Algérie dans un environnement multilingue, André Chouraqui (1917-2007) reste connu pour sa traduction des trois textes sacrés abrahamiques. L'hébreu biblique, langue d'exil, devient pour lui langue scientifique (apprise à l'université) et rabbinique (A.C. étudie à l’École rabbinique) puis langue poétique et s'ancre enfin dans le quotidien de l'Aliah à Jérusalem. Quant au français, langue coloniale, il le renouvelle peu à peu en

fonction de son rapport évolutif à l'hébreu de la Bible.

 

MALGORZATA SMORAG-GOLDBERG (Paris IV) : autour de "Trans-Atlantique", roman de Gombrowicz de 1953, où celui-ci réagit à son exil argentin en créant une langue polonaise artificielle dont l'étrangeté est à la mesure de l’étrange expérience qu'il est amené à vivre : traduire l'expérience de l'exil en créant une langue qui n'existe pas.

 

LUBA JURGENSON : (Paris IV) Le témoignage sur les violences extrêmes est parfois présenté comme une "traduction" de la langue de l'expérience vers la langue de la réception. Comme la création d'une langue étrangère dans sa propre langue. Que devient cette étrangeté lorsque l'exil oblige à quitter "la langue de l'expérience" pour une langue de la fiction?

 

 

 

 

 



[1] Benjamin, Walter, « La tâche du traducteur », Œuvres I, Folio, 2000, p. 259.

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Commentaires

25.07 | 11:09

Yes I am !מה שלומך רינתיה ? מאד מרגש לשמוע ממך. הנה הדו“אל שלי
taubermic@gmail.com
בידידות
מישל

...
24.07 | 19:02

Are you Mivchelle Tauber who lived in the Stern Dormitories in Jerusalem we were neighbors and good friends I would be happy to renew our contact

...
26.02 | 20:41

Je vous ai découverte aujourd'hui lors du concert de "Yiddish sans frontière" et j'ai acheté votre CD Yiddish Balkans 😃 BRAVO à vous!

...
25.01 | 21:24

j'apprécie beaucoup votre façon de parler des livres de Shoulem Aleihem et du Shteitl.
Un ancien mitarbeiter du geveizener Yiddisher Tsaiting "Unzer Wort"

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